2013, Année décisive pour le cinéma Saint-Paul

Extrait de l’article de Sylvie Hrovatin dans le Ouest-France du 23 Janvier 2013:

 

Salle du cinéma Saint-Paul

Salle du cinéma Saint-Paul

 

Berceau unique du 7 e art à Rezé, le cinéma associatif Saint-Paul s’apprête à vivre une année historique. Le pari : devenir propriétaires et développer l’activité. Les bénévoles se retroussent les manches.

Pourquoi? Comment ?

Un emprunt de 80 000 €

Dans les prochains mois, Joël Cornic, le président du cinéma Saint-Paul, sera chez le notaire pour signer l’acte rendant l’association propriétaire. Comme pour les associations voisines de la boule nantaise et la News Fanfare, 2013 est une année d’investissement. La municipalité les a accompagnées dans la négociation avec l’association diocésaine qui souhaitait se séparer du site de Saint-Paul. Avec un accord de vente conclu à 60 € du m 2 pour tous, y compris la Ville qui achète l’ensemble des parties extérieures. Pour le cinéma qui occupe une parcelle d’environ 1 300 m 2 , le chèque d’achat s’élève à 80 000 €. « Nous allons faire un emprunt et rechercher des subventions », indique le trésorier Denis Raymond.

Une soixantaine de bénévoles

Ils sont la force vive du cinéma. Ce sont des bénévoles qui ont monté les murs de la salle en 1936. Des bénévoles qui depuis ce temps-là font vivre le lieu, assurent les projections, accueillent le public, entretiennent les locaux, les modernisent. Aujourd’hui, ils sont une soixantaine, organisés en sept équipes : cinq équipes de nuit et deux de jours. Des femmes et des hommes de tous âges, actifs et retraités, très attachés à leur cinéma. Les spectateurs n’en ont pas forcément conscience, mais c’est grâce à ces ressources humaines, que voir un film à Rezé reste très abordable. Et quand on dit qu’ils se retroussent les manches, ce n’est pas une figure de style. Lorsqu’il a fallu trouver le moyen de faire des économies budgétaires, ils ont pris en main le ménage des locaux qui étaient auparavant sous-traité à Oser Forêt vivante.

Développer les événements culturels et la location de la salle

Pour honorer les charges de ses investissements, l’association se met « en recherche de nouvelles recettes. » Il y a plusieurs pistes à développer : la location de la salle, le recours à la publicité (des sponsors locaux), des animations nouvelles. Les bénévoles ont déjà commencé à organiser des soirées à thème. La prochaine, samedi 26 janvier, braque le projecteur sur le réalisateur qui bouscule Hollywood et fait la une de tous les magazines : Quentin Tarantino. « Nous avons envie d’en faire une fois par mois. » Ils ont lancé aussi une formule film et goûter pour les enfants pendant les vacances. La salle est déjà louée par les collectivités (la Ville pour la séance de Noël, le Département pour ses séances école et collège au cinéma). Par des associations également : Visages y organise au printemps un forum du film documentaire social.

Un programme de travaux

Le cinéma Saint-Paul a toujours investi pour entretenir et améliorer son équipement. Il est passé au numérique, propose des séances en 3D. Pour la modernité technologique, il est à jour. Ce qui reste à faire, ce sont plutôt des travaux sur les locaux. En projet : rénover le hall et le bar en 2013, puis le toit en 2014, s’occuper des huisseries en 2015 et, gros chantier, refaire le sol de la salle en 2016. L’association mise sur une augmentation annuelle de 5 % de ses recettes et peut compter sur des subventions du centre national du cinéma (CNC) qui sont versées tous les trois ans. « C’est le retour d’une taxe que nous leur versons, à hauteur de 70 % de la somme acquittée. Il y a deux ans, cet argent nous a servi à acheter des enceintes, pour 35 000 € », explique le trésorier. Pour compléter, il y a aussi les aides du conseil général qui soutient les salle art et essai.

Le soutien municipal

« La Ville sera toujours à vos côtés », déclarait Pierre Quénéa, l’adjoint en charge de la vie associative, venu partager la galette avec l’équipe du cinéma Saint-Paul. Dans un premier temps, la Ville se portera garante de l’emprunt souscrit par l’association. Elle va l’appuyer pour la promotion de tous ses événements. « Ce lieu doit être ouvert, vivant, bouillonnant », dit Pierre Quénéa. Ensuite, pour les futurs travaux, le soutien pourrait se traduire de la façon suivante : « la Ville participe aux travaux, en échange de quoi elle peut utiliser les locaux. » Ce genre de convention existe déjà avec l’AEPR, c’est ce qui a permis à l’amicale laïque de Pont-Rousseau de rénover son foyer.

Sylvie HROVATIN.