La « galette exceptionnelle » du cinéma Saint-Paul

Le cinéma associatif de Rezé tourne grâce à l’engagement de soixante-deux bénévoles. L’avenir de la salle est assuré grâce à l’aide de la Ville. Reste des travaux à réaliser.

La galette des rois 2014Parmi les définitions du mot galette, on trouve la pâtisserie, l’argent et le rouleau de film cinématographique. Quand l’association du cinéma Saint-Paul offre la galette des Rois, c’est donc symbolique à plus d’un titre. Joël Cornic, le président, ouvre son discours en parlant d’une « galette exceptionnelle pour une année exceptionnelle ».

Le cinéma passe « d’une convention d’occupation avec l’évêché à un bail emphytéotique (signé le 16 décembre) avec la mairie ». Cette dernière a racheté le terrain et les murs. Elle laisse à l’association le soin de gérer le reste. Selon Fabienne, ex-secrétaire de l’association et toujours bénévole, « ce changement n’aura pas d’incidence sur le fonctionnement du cinéma ».

Les soixante-deux bénévoles sont répartis en sept équipes. Ils assurent l’ouverture du cinéma tous les soirs à 20 h 30 sauf le mercredi, jour de relâche. Cinq équipes font une rotation sur cinq semaines pour les soirées. Une équipe, composée de retraités ou de personnes plus disponibles, s’occupe des après-midi pendant les vacances scolaires. « Comme nous ne sommes que des bénévoles, on essaie toujours d’être un peu plus nombreux que nécessaire. »

Travaux d’isolation et de mise aux normes

Les bénévoles sont très sollicités. Il va y avoir des travaux d’isolation et de mise aux normes. Le président lance un vibrant appel à venir soutenir l’équipe de Benoît Ruan, qui s’occupe de l’entretien : « Il va y avoir du boulot ! » S’ils sont tous cinéphiles, on sent bien que c’est surtout la fibre associative qui réunit les bénévoles.

Des jeunes sont arrivés en renfort cette année. Claire, 30 ans, Rezéenne de fraîche date, est ravie. Elle a tenu sa première permanence. « J’aime le cinéma. Je voulais une activité en dehors du travail, rencontrer des gens. Faire l’ouvreuse et vendre des bonbons à l’entracte, c’est un rêve d’enfant qui se réalise. ». À côté d’elle, Nicole, 77 ans, doyenne des bénévoles. Elle a commencé à 15 ans en 1951, y a rencontré son mari, qui était opérateur. Elle se souvient de la fille de Catherine Deneuve venue visionner les rushes, pendant le tournage du film la Reine Blanche. « C’était une véritable petite peste ! », lance Nicole.

Denis, le trésorier, tire un bilan positif, en dépit d’une perte récurrente mais stable ces dernières années. « On veut que tout le monde puisse venir au cinéma. Avec 23 000 entrées pour un prix moyen de 4,30 €, on ne s’en sort pas mal. Si chaque rezéen venait une fois par an, on serait dans les clous. On va y arriver, on a des tas de projets culturels. »

Article du Ouest-France 10/01/2014